vendredi 7 novembre 2014

Une année sans tabac

Ca y est ça fait un an que j'ai décidé d'arrêter de fumer et j'ai tenu bon. Quand j'ai appris que j'étais enceinte il était clair que je voulais arrêter le tabac. La grossesse, c'était la limite que je m'étais fixée dans ma consommation. On m'a plusieurs fois souligné qu'il n'est pas bon de stresser le bébé mais pour moi la toxicité de la cigarette est bien pire que le stress qu'il pourrait engendrer en cas d'arrêt. Cependant je ne peux pas nier que j'étais nerveuse et que ça été très dur.



J'ai commencé à fumer vers 17-18 ans. Non pas pour imiter les autres mais parce que le goût m'avait vraiment plu. Si au début un paquet me durait une semaine, avec les années ma consommation à augmenté jusqu'à environ 12 cigarettes par jour, à part le weekend où il m'arrivait de fumer un paquet en une journée. Eh oui il n y avait pas encore l'interdiction de fumer dans les bars, les discothèques et restaurants. Comme une maladie contagieuse, dès qu'une personne du groupe allumait une cigarette tout le monde s'empressait de suivre. Et je ne vous raconte pas quand l'interdiction a été appliquée, on allait tous fumer dehors. Je crois qu'il m'est arrivé de tenir jusqu'au mois de novembre en terrasse! Ensuite le froid avait raison de moi mais en bonne fumeuse je m'éclipsais plusieurs fois dans la soirée pour aller vite "tirer une clope". J'ai passé des soirées où parfois on était plus à cloper dehors  que dedans. C'était la "contre-soirée".

Plus que de la cigarette, il a été plus difficile de me débarrasser de mon comportement de fumeur. La clope en attendant le bus ou une personne, celle à la fin du repas ou de la journée du travail, la cigarette calmante quand on est en colère... Et que dire de toutes ces cigarettes partagées avec mes collègues de travail? Arrêter de fumer c'était aussi arrêter d'aller dans le fumoir avec mes copines à 14h puis à 15h. Ma grande chance a été que mon mari décide d'arrêter en même temps que moi. Sans lui je pense que je n'aurais jamais pu tenir.

Je n'ai pas appliqué de méthode particulière pour arrêter mais j'ai essayé d'être indulgente avec moi même. En fait chacun réagit différemment et certains préfèrent arrêter en diminuant tandis que d'autres d'un jour à l'autre. Pour ma part j'ai diminué à 3 cigarettes la première semaine. C'est un électrochoc dont j'avais besoin pour commencer. Ensuite j'ai diminué à 2 puis à 1. Et cette dernière cigarette, c'était la plus dure à lâcher. On s'y accroche on sait même pas pourquoi. Plus j'essayais d'arrêter et plus elle me paraissait bonne cette unique clope de la journée. Comme je culpabilisais énormément d'imposer ça à mon bébé qui n'avait rien demandé j'ai aussi lâché cette dernière comme toutes les autres. Il m'est arrivé de craquer et d'en griller une même après avoir tenu un mois. Avec mon mari on disait que c'était "la clope de la honte". Un mois est passée ensuite deux mois et nous sommes arrivés à trois mois sans toucher une cigarette. Grande fierté pour nous deux. C'est à partir de là que j'ai vraiment pris au sérieux ma décision et c'est devenu beaucoup plus facile. Je n'avais plus cette pulsion d'allumer une cigarette et je n'y pensais plus vraiment. Ma grossesse avançant je réalisait que "le foetus" que je portais était bien une personne qui méritait de grandir dans de bonnes conditions.

2-3 mois après la naissance de notre bb un ami fumeur est venu nous rendre visite. Alors qu'il fumait au balcon après longue hésitation et une grande tentation mon mari et moi avons essayé de fumer une cigarette. Aussitôt on a craché nos poumons (excusez du peu). Le goût de cendrier froid, la sensation de suffoquer, le charme de la cigarette était rompu. C'est ce jour que j'ai vraiment pris conscience que j'étais une non-fumeuse.

Un autre avantage non négligeable de l'arrêt du tabac a été l'aspect financier. C'est fou la somme qu'on peut dépenser là dedans. Par mois notre consommation nous coûtait 400 chf!!! Autant dire une augmentation de salaire. Au bout d'une année j'ai vraiment vu une différence sur nos épargnes sans même avoir cherché à mettre ces sous de côté.

Les avantages d'être non-fumeur sont si nombreux que je ne pourrais pas tous les citer mais je pense que ça vaut vraiment la peine d'essayer d'arrêter une fois. Je n'ai bien sûr essayé aucun patch, ni pilule mais je ne peux pas cacher que j'ai souvent remplacé la cigarette par la nourriture. J'ai eu énormément de chance de ne pas avoir pris beaucoup de kilos surtout si on pense que j'étais enceinte car toutes les conditions étaient réunies pour que j'explose!

A l'époque, j'avais téléchargé une application qui s'appelle Stop Tabac. Elle a été crée par l'université de Genève et est gratuite, disponible pour Iphone et Android. En plus d'articles et de conseils très pertinents, on reçoit des trophées à chaque nouvelle étape qu'on franchi. C'est un service très ludique qui compte aussi le nombre de cigarettes et de sous que vous avez économisées. Un peu plus abstrait selon moi l'application compte aussi le nombre de jours de vie que vous avez gagné mais ça fait toujours plaisir. On peut aussi signaler si on est tenté de fumer, si on déprime ou si on a craqué et un article vous sera proposé. Pour moi cette application a été un bon appui parce que même quand je craquais on me disait que ça pouvait arriver et que ça faisait parti du sevrage de ne surtout pas lâcher et ça, ça aide beaucoup. Certaines personnes peuvent avoir besoin d'un appui plus conséquent durant le sevrage et des spécialistes sont là pour les soutenir. Le site Stop Tabac propose même un coaching gratuit ou de chatter un médecin tabacologue est disponible sur le chat pour répondre aux questions.

Je suis contente d'avoir pu arrêter à temps car avec les années ça devient beaucoup plus dur de s'en défaire. Je pense à ma tante qui après avoir fumé toute sa vie a arrêté d'un coup de fumer pour la triste raison qu'elle a perdu son mari suite a un cancer ou à d'autres membres de la famille qui ne sont plus parmi nous pour le même motif. C'est en repensant à eux et à mon fils que je reste motivée dans mon choix et j'espère pouvoir motiver à mon tour ceux qui veulent ou qui essaient aussi d'arrêter. 

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